RDC-Uvira : au moins 35 corps découverts dans des fosses communes après les pluies

Outre le rapport final publié en début de semaine par le Ministère des droits humains et appuyé par les rapports des experts des Nations-Unies, s’ajoutent d’autres peuvent qui illustrent le crime de guerre et crime contre l’humanité. Au moins 3 fosses communes ont été découvertes à Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, dans la province du Sud-Kivu, une zone récemment occupée par la coalition rebelle du M23-RDF, selon la source locale.

La première fosse a été localisée sur la route menant vers la frontière de Kavinvira entre la RDC et le Burundi à droite non loin du Bureau PAM. Selon des témoins, « 35 corps y auraient été jetés. Les auteurs présumés auraient tenté de recouvrir le site avec de la terre. Mais les fortes pluies ont partiellement mis les corps à l’air libre, provoquant des odeurs qui ont alerté les voisins. Ceux-ci ont informé le chef de quartier, lequel a saisi les autorités provinciales, » ont-ils fait savoir.

« Des équipes spécialisées se sont rendues sur place pour sécuriser et recouvrir à nouveau le site, sans procéder à une exhumation formelle à ce stade, » poursuit la même source.

Une autre fosse commune a été signalée à Kilomoni toujours dans la ville d’Uvira. Par ailleurs, au cimetière de la ville, un site distinct contiendrait des dizaines de corps, selon des membres de la société civile locale. À environ trente kilomètres d’Uvira, dans la cité de Sange, le long de la route nationale n°5, des acteurs locaux évoquent également l’existence d’une fosse commune qui renfermerait une dizaine de corps.

Des sources locales attribuent ces fosses communes aux rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, une accusation récurrente dans le contexte du conflit à l’Est du pays. Un haut cadre de la coalition rebelle M23-RDF a affirmé dans une publication, que plusieurs fosses communes au Sud et au Nord-Kivu seraient liées aux opérations d’un officier rebelle.

Plusieurs organisations de défense des droits humains exigent désormais l’exhumation systématique des corps, l’ouverture d’enquêtes judiciaires impartiales, l’identification des victimes et des inhumations dignes. Elles appellent également à ce que les responsables présumés soient traduits en justice.

DM/Rédaction