Nangaagate au Haut-Uélé : Jean Bakomito sur le gril

L’affaire fait grand bruit. Et, assurément, ce n’est pas une tempête dans un verre d’eau. La province du Haut-Uélé est au cœur d’une tempête politique et sécuritaire. Les révélations concernant les accointances présumées du Gouverneur Jean Bakomito avec son oncle, Corneille Nangaa, leader de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), suscitent une vive inquiétude dans la région.

Selon des informations relayées par la presse kinoise, le gouverneur serait sur le point de « dérouler le tapis rouge » pour accueillir son oncle, visant à installer son quartier général à Isiro ou à Wamba. Face à ces accusations graves, la réponse de l’exécutif provincial a été chaotique. Les collaborateurs du gouverneur, chacun de leur côté, ont multiplié les démentis sans coordination apparente, révélant un manque de préparation et une fébrilité qui renforcent les soupçons d’une possible connivence.

Cette polémique survient alors que la population du Haut-Uélé, excédée par l’insécurité et la pauvreté, exprime une colère grandissante. Un récent mouvement de paralysie de la ville d’Isiro (boutiques fermées, transports à l’arrêt) a montré le désespoir des habitants. Des voix accusent le gouverneur de vouloir exploiter ce climat délétère pour justifier une intervention de l’AFC, que son oncle présenterait comme une opération de « secours ».

Parallèlement, la gestion provinciale est vivement critiquée. Alors que les menaces sécuritaires s’accumulent (Mbororo, ADF, M23), le gouverneur et ses proches sont accusés de privilégier leurs affaires personnelles, notamment dans le secteur minier avec des sociétés chinoises, au détriment de la sécurité des citoyens. La récente attaque de Mungbere, bien que repoussée par les FARDC, illustre la vulnérabilité de la région, une situation que le gouvernement provincial semble minimiser pour s’attribuer les succès militaires du pouvoir central.

À tout prendre, cette affaire met en lumière l’urgence pour Kinshasa de reprendre la main sur la gestion provinciale. Le gouvernement central doit impérativement exiger des comptes au Gouverneur Bakomito et clarifier sa position vis-à-vis de Corneille Nangaa. Laisser planer un doute sur une éventuelle complicité avec un mouvement qualifié de « criminel » par les autorités serait un risque majeur pour la stabilité de la région et pourrait transformer la frustration populaire en un conflit ouvert. La lumière doit être faite pour savoir si l’attitude du gouverneur résulte d’une simple incompétence ou d’un dessein politique dangereux.

IMPACT NEWS