Kinshasa, 3 juin 2026 – La journée de « ville morte » observée ce mercredi à l’appel de la coalition de l’opposition a constitué un important test politique pour les acteurs de la vie nationale. Cette mobilisation, initiée pour dénoncer le projet de révision de la Constitution, a mis en lumière à la fois la capacité de mobilisation de l’opposition et la volonté du gouvernement de maintenir le fonctionnement normal de l’État.
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs grandes agglomérations du pays, notamment Kinshasa, ont affiché un visage inhabituel. De nombreux commerces sont restés fermés, la circulation était fortement réduite et plusieurs quartiers donnaient l’impression d’une ville presque à l’arrêt. Entre 5h30 et midi, cette situation a traduit une certaine adhésion populaire à l’appel lancé par l’opposition.
Face à cette mobilisation, le gouvernement a pris des mesures pour garantir la continuité des services publics. La veille, le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, avait appelé les agents et fonctionnaires de l’État à rejoindre leurs postes de travail, rappelant que toute absence injustifiée pouvait faire l’objet de sanctions conformément aux textes en vigueur.
Sur le terrain, cet appel a été largement suivi dans plusieurs administrations publiques. La présence de nombreux agents de l’État a permis d’assurer le fonctionnement de plusieurs services essentiels et de limiter les effets de la journée de protestation sur l’appareil administratif national.
Dans certaines zones de Kinshasa, notamment dans le district de la Tshangu, plusieurs témoignages ont fait état de difficultés de déplacement liées à la situation sécuritaire et aux restrictions observées sur certains axes. Malgré ces contraintes, les activités ont progressivement repris au cours de la journée.
À partir de la mi-journée, un retour progressif à la normale a été constaté dans plusieurs villes du pays. La réouverture des commerces, l’augmentation du trafic routier et la reprise des activités économiques ont marqué la deuxième partie de cette journée particulière.
Au-delà des divergences d’appréciation sur le niveau réel de succès ou d’échec de l’opération, cette journée du 3 juin 2026 restera comme un moment significatif de la confrontation politique entre l’opposition et le pouvoir en place.
D’un côté, l’opposition a démontré sa capacité à mobiliser une partie importante de la population autour de ses revendications. De l’autre, le gouvernement a réussi à préserver le fonctionnement des institutions publiques grâce à la mobilisation des agents de l’État et au maintien de l’administration.
Cette journée apparaît ainsi comme un indicateur des rapports de force actuels en République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par des débats politiques de plus en plus intenses autour de l’avenir institutionnel du pays.
Kim’s