Dans un monde traversé par des crises multiples, où les conflits armés, les tensions géopolitiques et les rivalités entre États fragilisent chaque jour davantage l’équilibre international, la voix de la République démocratique du Congo résonne au cœur du dispositif mondial de maintien de la paix. Ce jeudi 23 juillet, Kinshasa prend les commandes de la 10201è session du Conseil de sécurité des Nations unies, sous la présidence de Thérèse Kayikwamba Wagner, Ministre congolaise des Affaires étrangères, autour d’un thème hautement stratégique : « Règlement pacifique des différends ».
Au-delà d’une simple présidence de séance, cette responsabilité traduit la volonté de la RDC de s’inscrire pleinement dans la dynamique du multilatéralisme. Face aux crises qui secouent plusieurs régions du monde, notamment en Afrique où les conflits armés continuent de menacer la stabilité des populations, Kinshasa défend l’idée que la paix ne peut être imposée uniquement par la force. Elle se construit aussi par le dialogue, la médiation, l’écoute et le respect des engagements internationaux.
Cette position prend une résonance particulière pour la République démocratique du Congo, un pays longtemps confronté aux conséquences des conflits dans sa partie Est. Alors que la région des Grands Lacs reste marquée par des tensions sécuritaires persistantes, la diplomatie congolaise entend rappeler que les solutions durables passent par des mécanismes politiques, régionaux et internationaux, privilégiant la négociation au recours aux armes. La paix, selon cette vision, ne doit pas seulement être un objectif à atteindre, mais un engagement collectif à préserver.
En portant ce message au sein de l’organe le plus important des Nations unies en matière de paix et de sécurité internationales, la RDC veut également affirmer son rôle dans la gouvernance mondiale. Une démarche qui illustre l’ambition de Kinshasa de contribuer aux grandes discussions internationales, en défendant une diplomatie proactive, attachée au droit international et à la coopération entre les peuples.
À l’heure où le monde fait face à de nouvelles fractures, entre crises sécuritaires, tensions diplomatiques et menaces transnationales, le choix du Conseil de sécurité de placer le « règlement pacifique des différends » au centre des débats apparaît comme un rappel essentiel : aucune paix durable ne peut naître de la confrontation permanente. La diplomatie demeure cette passerelle fragile mais indispensable entre les peuples, celle qui permet de transformer les différends en opportunités de dialogue et les crises en perspectives de stabilité.
Pour la RDC, cette présidence constitue donc plus qu’une responsabilité institutionnelle. Elle représente une occasion de porter une conviction : dans un monde en quête de repères, la force de la parole, du droit et de la négociation reste l’un des plus puissants instruments pour construire la paix.
Par Édouard Tshiama