Bangboka sous menace : une nouvelle attaque de drones ravive les tensions entre la RDC et le Rwanda

La ville de Kisangani a une nouvelle fois été secouée par une attaque de drones visant l’aéroport international de Bangboka. Le dimanche 24 mai 2026, en début de soirée, deux drones kamikazes ont été interceptés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) alors qu’ils se dirigeaient vers les installations aéroportuaires.

Grâce à l’intervention rapide des forces de défense, aucun dégât majeur n’a été enregistré. Toutefois, l’incident a provoqué une vive panique au sein de l’aérogare, particulièrement fréquentée au moment des faits, entraînant également l’annulation d’un vol civil.

Une attaque qui soulève de nombreuses interrogations

Cet épisode constitue la troisième attaque de ce type enregistrée en quelques mois contre le même site stratégique. Pour plusieurs observateurs sécuritaires, les caractéristiques techniques des engins utilisés orientent les soupçons vers une implication directe du Rwanda.

Selon les informations rapportées, les drones employés seraient des modèles YIHA-III, des drones kamikazes de fabrication turque conçus par Baykar. Dotés d’une propulsion thermique et d’une aile fixe, ces appareils disposent d’une portée opérationnelle estimée entre 150 et 300 kilomètres, avec une autonomie d’environ deux heures.

Or, la ville de Kisangani se situe à plus de 400 kilomètres des principales zones contrôlées par l’AFC/M23 autour de Goma. Cette distance alimente les analyses selon lesquelles les drones n’auraient pas pu être lancés depuis les positions rebelles habituelles.

Bangboka, une infrastructure civile ciblée

L’aéroport de Bangboka représente un point névralgique pour la province de la Tshopo et l’ensemble du nord-est du pays. En plus de son rôle stratégique, il constitue une importante voie de communication pour des milliers de civils reliant Kisangani au reste de la République démocratique du Congo.

Le ciblage répété de cette infrastructure civile suscite de vives inquiétudes. Les autorités et plusieurs analystes dénoncent une stratégie de guerre hybride visant à semer la terreur au sein de la population et à fragiliser l’économie locale à travers des attaques menées à longue distance.

Le fait qu’un vol de la compagnie CAA ait été annulé à la dernière minute illustre l’impact immédiat de ces opérations sur le trafic aérien et sur la sécurité des voyageurs.

La RDC appelée à renforcer sa défense anti-drones

Face à la multiplication de ces attaques, les appels au renforcement des systèmes de défense anti-drones se multiplient. Les FARDC poursuivent leurs efforts pour sécuriser les infrastructures stratégiques, tandis que la communauté internationale est invitée à prendre en compte la gravité de ces actes qualifiés par certains d’agression transfrontalière.

Pour plusieurs observateurs, la répétition des attaques contre Bangboka dépasse désormais le cadre d’une simple action rebelle et pose avec insistance la question de la responsabilité d’acteurs étatiques dans l’instabilité persistante à l’est et au centre de la RDC.

DIKA