A Kinshasa, lors de l’émission Débriefing diffusée sur B-One TV après la rencontre entre la RDC et le Portugal à la Coupe du Monde 2026, l’analyste politique et avocat Me Joël-Cadet Ndanga a vivement critiqué le sit-in annoncé pour le 8 juillet prochain devant le Palais de la Nation par la coalition de l’opposition dite « Article 64 ». Selon lui, cette initiative s’apparente davantage à une démarche insurrectionnelle qu’à une manifestation politique classique.
Intervenant en réaction aux explications fournies par les représentants de l’opposition sur les objectifs de cette mobilisation, Me Ndanga a estimé qu’aucun scénario institutionnel crédible n’avait été présenté pour expliquer ce qui adviendrait en cas de départ anticipé du Président de la République. Pour l’ancien journaliste, cette absence de réponses nourrit des interrogations sur les véritables finalités de l’action envisagée.
L’analyste considère notamment que toute démarche politique visant à remettre en cause l’ordre institutionnel devrait s’accompagner d’une réflexion claire sur les mécanismes constitutionnels de succession et de continuité de l’État. À défaut, soutient-il, le risque est de voir s’installer une dynamique de confrontation susceptible d’échapper au contrôle de ses initiateurs.
Me Joël-Cadet Ndanga inscrit également cette mobilisation dans un contexte politique et sécuritaire plus large. Selon son analyse, les développements diplomatiques récents enregistrés dans le dossier de l’agression dans l’Est du pays auraient réduit certaines marges de manœuvre extérieures, déplaçant ainsi les tensions vers l’arène politique intérieure. Il estime que certains acteurs cherchent désormais à obtenir par la pression de la rue ce qu’ils n’auraient pas réussi à obtenir par d’autres moyens.
Le choix du Palais de la Nation comme point de chute du sit-in constitue également l’un des principaux sujets d’inquiétude soulevés par l’analyste. Pour lui, les institutions républicaines doivent être préservées de toute action susceptible de créer un climat d’instabilité ou de confrontation directe avec les forces de l’ordre.
Au-delà des divergences politiques, Me Ndanga appelle à privilégier les mécanismes démocratiques prévus par la Constitution pour exprimer les revendications ou les désaccords. Il considère que la stabilité des institutions demeure un enjeu majeur dans un contexte où la République démocratique du Congo fait face à d’importants défis sécuritaires, économiques et sociaux.
À l’approche du 8 juillet, le débat reste ouvert entre les partisans de cette mobilisation, qui invoquent l’exercice des libertés constitutionnelles, et ceux qui, à l’instar de Me Joël-Cadet Ndanga, redoutent une évolution du mouvement vers une logique de déstabilisation politique. Une confrontation de visions qui devrait continuer à alimenter les discussions dans les semaine à venir.
Christian la grâce LIOLYA