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Fayulu, Muzitu, Yangambi, est-ce que c’est toujours Kabila qui dirige ? Chronique de Molende MUTEBA

Au lendemain de la présidentielle du 30 décembre 2018, la République démocratique du Congo a connu une alternance au sommet de l’État. Félix Tshisekedi candidat pour le compte du CASH remporte haut la main cette élection, écrasant respectivement Martin Fayulu candidat de la coalition politique LAMUKA et Emmanuel Shadari candidat du FCC, regroupement politique au pouvoir dirigé Joseph Kabila Kabange.

Pour le bien-être de toute la population congolaise, le Président de la République nouvellement élu, en dépit d’un passé pénible et sombre entre UDPS et la Kabilie, a accepté de coaliser avec Kabila. Le réalisme polique l’oblige. Malheureusement, l’ex Président de la République, Joseph Kabila, était loin de se considérer comme un simple Sénateur à valeur ajoutée, « Sénateur à vie ». Son agir et de sa famille politique faisait croire à plusieurs qu’à la tête du pays il y avait deux présidents. Aucune différence distinctive entre les deux. Kabila roule dans les rues de Kinshasa la capitale de la RDCongo avec une escorte ahurissante semant confusion dans la population. Est-ce Kabila qui est passé ou Tshisekedi ?

Les plaques d’immatriculation, autant celles du Président en exercice Félix-Antoinne Tshisekedi Tshilombo imprimées avec mention « PR », autant celles aussi celle de Joseph Kabila. Et concernant la gestion du pays, rien ne pouvait se décider sans Kabila. De la nomination du Premier Ministre aux autres membres du Gouvernement, tout devrait être concerté en palabre entre les deux. Cette largesse léthargique a malheureusement fait passer Tshisekedi d’un « Président par dérogation », et que le vrai Président de la République, dans l’ombre, donnerait les ordres à partir de chez lui à Kingakati, une ville huppée dans une vile ville de Kinshasa.

Moqueries et critiques à l’endroit de Tshisekedi

Les opposants de Tshisekedi ne l’ont pas épargné des critiques, voire péjoratifs. Martin Fayulu est celui qui s’est distingué le plus dans des déclarations abjectes. Il n’a pas aménagé le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi.

D’aucuns ont même enrichi leur vocabulaire du fait des qualificatifs orientés vers Tshisekedi. Pantin, effet placebo, marionnette, fantoche, telles sont les injures classiques que le candidat malheureux de la présidentielle 2018 a proféré contre lui. Il n’était pas le seul, Fayulu. Dans la famille politique de Kabila, bien de gens ont même menacé Félix Tshisekedi de la destitution du fait qu’ils détiendraient son pouvoir. Concernant la nomination des mandataires publics à la SNCC et la GECAMINE, le Député national Fabien Moutond s’est même permis de cracher sur le Chef de l’État Félix Tshisekedi selon qu’il avait pris cette décision dans l’inconscience.

Cette déclaration était non seulement une insulte à l’endroit de l’institution Président de la République, mais aussi une violation flagrante de la constitution car ayant précisé que les décisions du Président de la République ne doivent en aucun cas faire objet d’une discussion au Parlement. Dunia Kilanga, un cadre du PPRD s’est même permis à menacer le Président dans des termes peu modérés et discourtois lors d’une matinée politique qu’il a animée le 17 novembre 2019. Dans son speach, Dunia Kilanga disait que: « Félis Tshisekedi est élu Président aujourd’hui par la volonté de son prédécesseur, Joseph Kabila, et non par les résultats publiés par la Commission Electorale Nationale Indépendante ». Cette déclaration a jetté de l’opprobre aussi à la CENI.

Le début de la fin de la Kabilie

Personne ne voyait comment Félix Tshisekedi pouvait s’émanciper de Kabila. Ayant pris soin de contrôler les deux Chambres du Parlement, le Gouvernement, la justice, l’armée et les services de sécurité, Joseph Kabila se croyait à l’abri de tout danger. Sa main mise dans la gestion quotidienne du pays était garantie de suite de cette carte. Comme un lion devant sa proie, Félix Tshisekedi a usé d’une subtilité légendaire pour venir au bout de l’adversité lui imposée par Kabila.

Tout commence avec la démission de Benoît Lwamba qui fût le bras séculier de la Kabilie. Président de la Cour Constitutionnelle, ce dernier avait pour mission de garantir les intérêts de Kabila en ce qui le concerne.

Le 10 juillet 2020, la nouvelle de la démission de Benoît Lwamba fait écho. Pour des raisons bien déterminées mais non dévoilées au public, le Président de la première juridiction de RDCongolaise a trouvé utile de déposer sa démission. Dans le camp de Kabila, la panique est totale et ça saute aux yeux. Forçant la main de Benoît Lwamba pour revenir sur sa décision, les caciques de FCC ont pondu un communiqué au nom de Benoît Lwamba, le 11 juillet 2020, pour démentir cette information. Le processus de démantèlement étant amorcé, la machine du déboulonnage a continué à écraser. Le 17 juillet, contre toute attente et sans ne consulter Kabila, Félix Tshisekedi signe les ordonnances nommant et permutant dans l’armée et la justice. Tous les officiers de l’armée et les juges sur qui Kabila plaçait toute sa confiance sont disloqués. Les juges Jean Ubulu et Noël Kilomba sont éjectés de cette Cour pour la Cour de Cassation. Désormais, Félix Tshisekedi ne peut plus craindre une quelconque accusation et destitution à la Cour Constitutionnelle. Kabila perd deux grandes batailles. Un scénario que ses stratèges et lui-même croyaient impossible.

Désormais, sa force reste simplement au Parlement et au Gouvernement. Là encore, Félix Tshisekedi a frappé fort.

Après la prestation du serment de trois juges constitutionnels Dieudonné Kaluba Dibwa, Kalume Yasengo, et Kamulete Badibanga le 21 octobre 2020, laquelle cérémonie marquée par l’absence des membres du Bureau de l’Assemblée nationale et ceux du Gouvernement à l’exception de quelques ministres du CACH et le Ministre Puis Mwabilu du FCC. Suite à ce déshonneur, le Président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo a, lors d’un oral de six minutes, le 23 octobre 2020, décidé de la nomination d’un informateur pouvant identifier la nouvelle majorité parlementaire d’autant que l’ancienne étant effritée. A la même occasion, le Chef de l’État a créé l’Union Sacrée de la nation, un nouveau courant politique. Cette déclaration ferme et décisive de Félix Tshisekedi l’a permis de gagner plusieurs batailles.

Conformément à l’article 28 de la constitution du 15 février, le Président de la République a nommé le 01 janvier 2021 le Sénateur Modeste Bahati Lukuebo comme Informateur. Sa mission, tel que le souligne la constitution dans son article 78, était d’identifier la nouvelle majorité parlementaire. Entre temps, fin novembre début décembre 2020, une motion de défiance contre le Bureau Mabunda se préparait. Le 10 décembre lors d’une plénière dirigée par le doyen d’âge, d’office Président de ce Bureau provisoire, le Bureau Mabunda tomba, un autre fusible du circuit Kabiliste lache. En suite, le Premier Ministre Ilunga Ilunkamba est défenestré après la motion de censure traité lors de la plénière du mercredi 27 janvier. Kabila est considérablement dépouillé, seul le Sénat reste entre ses mains. La tempête du déboulonnage n’a pas traîné pour s’abattre dans cette Chambre du Parlement congolais. La date du 05 février 2021marque la descente considérable de la Kabilie aux enfers. Alexis Tambwe Mwamba dos contre mûr, il démissionne de ses fonctions alors que lui et les autres membres de son Bureau étaient visés par une motion de défiance. Une triste fin! Le discours changent. Ceux qui qualifiaient Tshisekedi de pantin et marionnette changent le discours. Tshisekedi dictateur…!

Levée des barrières et de la Garde Républicaine

Les derniers événements concernant la levée des barrières au Palais de la nation et à GLM, la résidence privée de Joseph Kabila et celle de la Garde Républicaine dans toutes les résidences, fermes et autres patrimoines de Joseph Kabila, prouvent suffisamment que Kabila n’a plus aucun pouvoir, ni aucune influence dans la prise des décisions en RDC.

…est-ce que c’est toujours Kabila qui dirige ?

Tout est clair, la République démocratique du Congo respire un air pur. Les tendances ont catégoriquement changées. Ceux qui menaçaient Félix Tshisekedi de la destitution sont restés bouche bée. Il n’ont qu’en spectateurs, de regarder comment le pays pour lequel Lumumba a payé de sa peau va se développer.

Il y a près de deux ans, la Kabilie menacée de brandir l’accord de principe cautionnant le deal occulte entre Kabila et Tshisekedi. Si au moment où la gouvernance du pays était collégiale entre FCC-CACH il n’était pas aisé d’offusquer et de mettre mal à l’aise le partenaire, aujourd’hui, le moment semble être idéal pour le brandir. Machination politique !

Martin Fayulu, Adolphe Muzitu, Firmin Yangambi, est-ce que c’est toujours Kabila qui dirige ? Aujourd’hui il est sous protection de quelques policiers. La Garde Républicaine lui est retirée, les sociétés tenues par ses parents, alors exonérées illicitement, sont tenues de s’acquitter du devoir fiscal. Est-ce c’est toujours Kabila qui est le vrai Président de la République démocratique du Congo ? Les deux Chambres du parlement acquises à la solde de l’Union Sacrée, le Gouvernement également, est-ce que Tshisekedi est toujours cette « marionnette »? Sans crépitement ni effusion de sang, la Kabilie est déboulonnée. Est-ce c’est toujours Kabila qui est le vrai patron de l’armée congolaise ? Les mandataires publics interpellés, certains aux arrêts, c’est toujours Kabila qui influe sur la justice ?

Vraisemblablement, la débâcle du FCC est une réponse appropriée aux revendications de Fayulu sur la vérité des urnes. Le vrai gagnant de la présidentielle 2018 se trouve être Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Vous en doutez, prouvez nous le contraire !

Molende MUTEBA

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