Kinshasa : L’incivisme des populations plombe les efforts de gestion des ordures [Tribune d’Édouard Tshiama]

Malgré la mise en place, depuis plusieurs mois, d’un programme structuré d’installation des poubelles sur plusieurs artères de la capitale par le Gouvernement provincial de Kinshasa, l’insalubrité continue de gangrener une quasi-totalité des quartiers et avenues de la capitale. En cause : le comportement incivique de nombreux citoyens qui persistent à jeter leurs déchets en dehors des lieux habilités de collecte pourtant clairement établis.

Dans plusieurs zones de la capitale, notamment dans les 1ᵉʳ, 4ᵉ, 5ᵉ et 6e arrondissements, les lieux où endroits sont pourtant connus. Mais, sur le terrain, la réalité est tout autre. Des tas d’immondices sont abandonnés à toute heure sur les trottoirs, aux abords des routes ou dans les caniveaux, parfois plusieurs jours voire pendant la nuit.

Cette pratique, loin d’être anodine, aggrave la dégradation du cadre de vie urbain. Exposés aux animaux errants, à la pluie et au vent, les déchets se dispersent, obstruent les caniveaux et transforment certains quartiers en véritables foyers d’insalubrité. Une situation qui annule en grande partie les efforts déployés par le Gouvernement provincial, des structures privées et complique le travail des agents chargés de collecte.

Face à ce constat, il est impératif de rappeler avec insistance l’importance du respect des consignes. Car l’objectif étant clair : mettre fin aux dépôts anarchiques et instaurer une discipline collective autour de la gestion des ordures. En demandant aux populations de jeter leurs déchets directement dans les poubelles, l’Hôtel de ville entend améliorer l’efficacité du service et limiter les nuisances sanitaires et environnementales.

Car les conséquences de l’incivisme sont lourdes. L’accumulation des déchets favorise la prolifération de moustiques et de rongeurs, augmentant les risques de maladies telles que le paludisme, le choléra ou diverses infections. Sur le plan environnemental, les ordures jetées hors des circuits indiqués finissent souvent dans les sols ou les cours d’eau, contribuant à la pollution et à la dégradation des écosystèmes urbains.

Au-delà des moyens logistiques, la réussite de cette politique de salubrité repose avant tout sur la responsabilité individuelle. La propreté de Kinshasa ne peut être garantie uniquement par des poubelles installées le long des avenues et des agents, aussi engagés soient-ils. Elle dépend surtout du civisme des habitants, appelés à adopter des gestes simples : bien conditionner leurs déchets et les jeter dans les lieux indiqués avant de les sortir.

Face à la prise de conscience collective. Respecter les règles de collecte, c’est à la fois préserver sa santé et celle des autres, mais surtout contribuer à bâtir une capitale plus propre, plus saine et plus digne. Sans un changement de comportement des populations, la lutte contre l’insalubrité restera un combat à moitié gagné.

[Tribune d’Édouard Tshiama] Journaliste et chercheur individuel