La République démocratique du Congo a franchi une étape majeure dans sa stratégie de diversification économique en devenant, le 2 juin 2026 à Abidjan, le premier pays à signer le nouvel Accord International sur le Cacao (AIC) 2026 au siège de l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO).
Au-delà de l’acte diplomatique, cette signature traduit l’ambition grandissante de la RDC de s’imposer comme une puissance agricole de premier plan sur le marché mondial du cacao.
Pourquoi cet accord est-il important ?
L’Accord International sur le Cacao constitue le principal cadre mondial de gouvernance de la filière. Élaboré sous l’égide de la CNUCED, il rassemble les principaux pays producteurs et consommateurs autour de deux objectifs majeurs : garantir une meilleure rémunération des producteurs et promouvoir une production durable fondée sur la traçabilité et la lutte contre la déforestation.
En intégrant pleinement ce dispositif, la RDC accède à un espace stratégique où se discutent les grandes orientations du commerce mondial du cacao.
Une progression spectaculaire de la production congolaise
Longtemps considérée comme un acteur secondaire, la RDC affiche aujourd’hui l’une des croissances les plus rapides du continent.
La production nationale est passée d’environ 41 000 tonnes en 2021 à près de 100 000 tonnes en 2025. Une progression remarquable qui ne tient même pas compte des volumes encore perdus à travers les circuits informels et la contrebande transfrontalière.
Cette dynamique place désormais le pays parmi les producteurs les plus prometteurs d’Afrique.
Un levier économique majeur
Le cacao représente bien plus qu’une simple culture d’exportation. Il constitue une source importante de revenus pour des milliers de familles rurales, favorise le développement des chaînes de valeur agricoles et génère des recettes en devises essentielles pour l’économie nationale.
À terme, la montée en puissance de la filière pourrait stimuler les investissements dans la transformation locale, la logistique, les infrastructures rurales et l’industrie agroalimentaire.
Cap sur le Top 3 mondial
Les autorités congolaises affichent désormais un objectif ambitieux : intégrer le trio de tête des plus grands producteurs mondiaux de cacao à l’horizon 2030.
Pour y parvenir, la RDC mise sur l’augmentation des superficies cultivées, l’amélioration des rendements, la certification internationale de sa production et le respect des nouvelles exigences environnementales imposées par les marchés internationaux.
Une nouvelle image pour la RDC
L’adhésion à l’Accord International sur le Cacao illustre également une transformation progressive de l’image économique du pays.
Longtemps associée principalement à ses ressources minières, la RDC entend désormais démontrer qu’elle peut également devenir une puissance agricole capable d’influencer les équilibres des marchés mondiaux.
À Abidjan, la signature de cet accord n’a donc pas seulement consacré l’entrée de la RDC dans un cadre international. Elle a surtout confirmé l’émergence d’un pays qui ambitionne de peser davantage dans les grandes filières agricoles mondiales et de faire du cacao l’un des moteurs de sa diversification économique.
Christian La Grace LIOLYA