La Circulaire portant autorisation de prestation en dehors du Barreau d’origine, l’obligation du port de la toge d’avocats pour accéder au Palais de justice au Kasaï, l’interdiction aux avocats d’entrer avec leurs téléphones et ordinateurs dans les établissements pénitentiaires : La profession à l’épreuve du respect de l’avocat par les autres Corps !  

L’Avocat est un monsieur. Ce n’est pas n’importe qui. C’est un Citoyen noble qui doit être respecté dans la société par tous. Il défend, représente, postule, concilie, conseille…dans la plupart de cas, pour les intérêts des faibles.  

En tout cas, ce n’est plus le cas depuis un temps. Le Conseil National de l’Ordre des Avocats, avait bien pensé pour mettre fin aux désordres de certains avocats, non en ordre avec leurs Barreaux ou même radiés, qui se transportaient vers les ressorts des autres barreaux pour prester, causant des dégâts qui se répercutaient sur la noblesse de la profession. Il a ainsi levé l’option à travers une Circulaire d’obliger à tout avocat, invité à prester en dehors de son ressort, d’avoir une autorisation de son Bâtonnier. 

Dans le souci de protéger son ressort, le Barreau de Kinshasa/Gombe a ajouté d’autres conditions : adresser une lettre de transmission de cette autorisation au Bâtonnier, avec le soubassement de la cause à défendre.

Ces mesures prises dans le cadre d’encadrer la profession et la faire respecter, se sont transformées depuis une semaine à la Prison Militaire de Ndolo, en des scènes d’humiliation des avocats dont les affaires étaient déjà en cours. Les militaires se sont pris aux avocats qui n’avaient pas d’autorisations visées par le Bâtonnier du ressort de la Gombe au point de les exposer à la honte, non seulement de leurs clients ; mais aussi et surtout des visiteurs. La scène était choquante que méprisante vis-à-vis de ces nobles messieurs. Les militaires ont chosifié les avocats qu’ils n’avaient que leurs larmes à verser devant visiteurs et leurs clients.

Ordinateurs et téléphones interdits aux avocats, pas aux autres

Entre temps, depuis la révélation des conditions carcérales inhumaines à la Prison Centrale de Makala par le journaliste de Jeune Afrique, Stanis Bujakera, il a été interdit aux avocats d’entrer avec leurs téléphones et ordinateurs dans les établissements pénitentiaires, au moment où magistrats, greffiers, huissiers et autres corps de métier judiciaire y entrent sans problèmes. Ce qui réduit l’avocat au citoyen lambda, alors que le téléphone et l’ordinateur sont ses outils de travail.

En France, il est aussi interdit aux avocats d’entrer avec leurs téléphones. Mais il leur est permis d’entrer avec leurs dictaphones et ordinateurs pourvue que ceux-ci ne soient connectés. 

A Makala, comme à Ndolo, aucune mesure de permettre aux avocats d’offrir leur ministère en toute dignité. 

Tshikapa offre le pire

Bien pire, après qu’un agent du Parquet Général près la Cour d’Appel du Kasaï a agressé un avocat dans son bureau, venu pour réclamer l’argent consigné par son client, le Premier président de la Cour d’Appel du Kasaï a pris une circulaire obligeant les avocats le port de la toge pour accéder aux installations du palais de justice. Ce qui oblige à l’avocat de porter son costume officiel, devant les huissiers, les greffiers et même les Secrétaires et agents du parquet, du tribunal ou de la Cour. Un affront une fois de plus, à la profession d’avocat. 

C’est ici qu’une opinion invite les autorités de l’Ordre à encadrer leurs mesures ou d’entrer en contact avec les autorités politico-administratives, civiles et militaires pour remettre à l’avocat son honneur et sa dignité qui s’effritent au fur et à mesure surtout qu’il s’agit d’une profession libérale.  

Le Bâtonnier de l’Ordre du Barreau du Kasaï, Maître Hubert Ngulandjoko, s’est opposé à cette circulaire soumettant l’avocat à la seule autorité de la loi et du Conseil de l’Ordre. Il serait signalé à Kinshasa, dans cette logique et dans un plaidoyer pour que son ressort soit opérationnel avec des magistrats dans les juridictions et offices de son ressort. 

En attendant l’affront entre le Premier président de la Cour du Kasaï et les avocats reste tendu. Il arrive que le Premier Président se mette seul à la porte pour exiger des avocats le port de leur costume professionnel avant d’accéder au palais de justice. Ce que certains avocats refusent de cautionner et ce, au détriment des intérêts de leurs clients. 

Des cas similaires sont arrivés dans d’autres Barreaux, comme celui du Nord-Kivu, de l’Ituri, de Haut-Uélé, où les Officiers de la police comme de l’armée, se sont adonnés au mépris des Avocats, souillant ainsi la dignité et la noblesse du Corps de cette prestigieuse profession. 

Solidarité entre Barreaux

C’est ici qu’une opinion appelle à la solidarité, non seulement entre les Avocats, comme l’exige la déontologie de cette profession ; mais aussi et surtout, entre les Barreaux pour que des actions concertées soient menées dans le souci de pousser les autres Corps des métiers, les autorités militaires, civiles et politico-administratives au respect des Avocats. Cela ne pourra en aucun cas, empiéter sur l’autonomie de chaque Barreau. 

Nous y reviendrons.  

N.K.

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