C’est sur la page de Lwariba Maître, un ancien et vieux loup dans les médias, ayant une maitrise de l’Est de la RDC que l’on peut lire : ‘’RDC : Quand l’interview de Joseph Kabila glisse sur l’indifférence’’, un titre révélateur de changements des temps et des mœurs pour celui qui tirait son mythe et son charisme de son silence jusqu’à être surnommé :’’Recteur de l’Université du Kara’’.
Non, ce n’est plus ce Raïs Joseph Kabila que l’on sent aujourd’hui, depuis l’interruption de ses études en Afrique du Sud pour venir en assistance à une nation en danger. De quelle nation s’agit-il ? Parce que Joseph Kabila n’est rentré en scène que lorsque le Rwanda a été acculé par les sanctions occidentales après la chute des villes de Goma et de Bukavu au Nord et au Sud-Kivu.
De bourdes en bourdes, depuis qu’il a fait des revendications du M23, celles légitimes du peuple congolais, passant par les 12 piliers de son programme pour résoudre la crise avant de chuter par ‘’Le Congo a besoin d’une révolution plutôt que des élections’’.
C’est à l’occasion de cette dernière sortie que le Raïs a essuyé une indifférence de la part du peuple congolais qui a été servi le week-end par l’adresse du Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à sa famille piolitique, suivi de la position ratée de la C64, à partir de Rome.
En effet, il fut un temps où le simple fait que Joseph Kabila l’entr’ouvre suffisait à paralyser la scène politique congolaise.
Une syllabe chuchotée, tout le paysage médiatique s’arrêtait d’inciter, suspendu aux lèvres du mystérieux du « Raïs ». Mais les temps changent, et le vent de l’histoire tourne parfois sans prévenir.
Pour sa première véritable interview depuis son passage de l’autre côté du miroir, celui de chef de la rébellion FRN, l’ancien président espérait sans doute créer un séisme politique, un coup de tonnerre dans le ciel des médias.
Résultat ? Un pétard mouillé. Une sortie médiatique accueillie dans un calme plat, presque embarrassant, balayée sans ménagement par la tempête de l’actualité.
Éclipsé de toutes parts, la première prise de parole du nouveau patron rebelle n’a tout simplement pas trouvé son public. Et pour cause : l’actualité, impitoyable, ne l’a pas attendu.
D’un côté, le président Félix Tshisekedimonopolisait toute l’attention lors de sa grande messe politique avec les parlementaires de l’Union Sacrée, dictant le cap et occupant chaque pouce du terrain médiatique national.
De l’autre, les projecteurs diplomatiques internationaux s’orientaient vers Rome et la réunion de la « C64 », reléguant la prise de parole de l’ancien chef de l’État au rang de simple bruit de fond.
« A-t-il vraiment pris la bonne option ? »
Cette indifférence générale offre une résonance toute particulière aux propos récents du chef de l’État. Avec une pointe d’ironie peine dissimulée, Félix Tshisekedidéclarait il y a peu qu’en ce moment précis, son prédécesseur « doit sûrement être en train de se poser la question de savoir s’il a vraiment pris la bonne option. »
La question mérite en effet d’être posée.
En troquant le costume d’ancien président sénateur à vie contre le treillis du chef d’une rébellion armée soutenue par le Rwanda, Kabila pensait peut-être réinventer son mythe.
Mais, il découvre aujourd’hui la dure réalité du paysage politique actuel : on ne rejoue pas indéfiniment le même scénario.
En politique comme en guerre, rater son entrée est une faute, mais rater son retour est une tragédie.
L’actualité l’a englouti sans même prendre la peine de le digérer.
La Rédaction