Les survivants du massacre de Katogota ont renouvelé leur appel à la vérité, à la justice et à la réparation en faveur des victimes, à l’occasion de la commémoration du 26ᵉ anniversaire de cette tragédie ayant coûté la vie à plus de 375 personnes dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu.

La cérémonie commémorative s’est ouverte ce jeudi par une messe de requiem célébrée à la cathédrale Saint-Paul d’Uvira par l’abbé Songa.

Dans son homélie, le célébrant a insisté sur les valeurs du pardon, de la paix et de la réconciliation, tout en invitant les communautés à préserver la mémoire des victimes.
Après l’office religieux, une séance de méditation s’est tenue dans la salle des réunions de la mairie d’Uvira, en présence de plusieurs autorités locales, des représentants des victimes ainsi qu’une délégation du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), venue de Kinshasa.
Prenant la parole au nom des survivants, Bagalwa Muhara Blaise, président de l’Association des victimes du massacre de Katogota (AVIMAK), a rappelé que les blessures de cette tragédie demeurent encore profondes.
« Les plaies restent vivantes dans les cœurs des victimes et l’histoire demeure éternelle », a-t-il déclaré.
Dans un mémorandum lu devant l’assemblée, les victimes ont formulé plusieurs revendications, notamment la non-répétition des massacres, la manifestation de la vérité sur les faits, la réparation des préjudices subis ainsi que la poursuite judiciaire des auteurs présumés de ces atrocités.
Le massacre de Katogota remonte au 14 mai 2000. Selon plusieurs témoignages et rapports, plus de 375 civils avaient été tués dans ce village du groupement d’Itara/Luvungi par des hommes armés présumés appartenir au Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), après l’assassinat d’un officier supérieur de ce mouvement à quelques kilomètres de la localité.
Vingt-six ans après les faits, les habitants de Katogota continuent de réclamer que justice soit rendue aux victimes et que leur mémoire soit honorée.
Cette commémoration intervient dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans l’Est de la République démocratique du Congo, marqué par les déplacements massifs des populations et la persistance des violences armées, ravivant les souvenirs douloureux des survivants.
Nicole Kakese