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Communiqué final de la retraite du FCC du 06 au 08 novembre 2020

La lecture de Ghislain Bamuangayi Kalukuimbi

1. Le FCC a participé à distance aux consultations ; son communiqué final en tenant lieu d’avis. Le Président de la République est appelé à l’examiner avec ses conseillers juridiques, et l’envoyer au Parquet pour leurs implications sur l’ordre public.

2. Le FCC, un groupe privé sans existence juridique, se met au même niveau que le Président de la République, la première Institution de la République, pour réclamer un dialogue avec ce dernier. Au même moment, il trouve la CENCO pour le secourir sur cette voie de recherche de dialogue entre ceux qui sont déjà au pouvoir et jouissent, bien sûr inégalement, de tous les privilèges. Quel peut être le sens de ce dialogue ? Redistribuer les privilèges du pouvoir et donner quelque chose aux absents de LAMUKA ? Plausible ! L’Union sacrée de la population congolaise aura du poids s’il comprend aussi les frondeurs, à condition que ces derniers sachent s’oublier pour servir la nation.

3. Le FCC évite d’initier un dialogue avec le CACH, son homologue, dans le cadre des structures et mécanismes prévus par l’Accord de coalition qu’il évoque, et préfère substituer à une plateforme politique l’institution publique Président de la République. L’objectif est d’éloigner le Président de la République du cadre constitutionnel contraignant et moins favorable aux barons du FCC et l’entrainer dans la bouillabaisse politique, faite de gesion d’intérêts privés, de menaces, de compromissions, de coups bas et de roublardise.

4. Le respect de la Constitution, c’est aussi recourir à la justice pour contester la régularité des ordonnances du Chef de l’Etat. Le FCC pense, par contre, entrer dans une rébellion contre la justice congolaise, prenant le risque d’exposer ses membres à des poursuites judiciaires. Avec la préparation d’une contestation systématique des décisions judiciaires, particulièrement celle de la Cour Constitutionnelle, qui se trouve au sommet de l’appareil judiciaire et influence pour beaucoup la marche de la justice, le FCC exprime sa peur de l’indépendance de la justice. Après avoir soumis la justice durant deux décennies et échoué de la contrôler depuis peu, le FCC choisit maintenant de la combattre. Une guerre ouverte contre la justice, donc contre l’autorité de l’Etat. Qui n’a aucun respect de la Constitution ? La poursuite de la déstabilisation des institutions publiques pour le pourvoir. Le peuple n’a aucun intérêt dans cette petite rébellion de FCC.

5. Le FCC, un groupe d’individus, dans une déclaration publique, dit, sans en avoir qualité, ne pas reconnaître la nomination des juges constitutionnels et les effets des actes qu’ils poseront. Un juge constitutionnel n’a pas d’acte individuel dont les effets ne peuvent être reconnus par le FCC. Les trois juges nommés n’ont pas de pouvoir personnel ; ils appartiennent à une institution publique qui prend des actes. Le FCC promet donc de violer la constitution en s’opposant aux décisions de la Cour Constitutionnelle. Le Parquet est en devoir, à titre préventif, d’ouvrir une action d’information ou de poursuites à l’égard des signataires du communiqué, dont la liste circule à travers les réseaux sociaux. Ne pas le faire, c’est affaiblir considérablement l’autorité de l’Etat.

6. Mauvaise formulation ou tromperie ?! Le point 3 du communiqué parle de la coalition entre la « majorité parlementaire » et le CACH, alors qu’on ne connait qu’une coalition FCC-CACH négociée en dehors du parlement, sans indentification formelle et régulière d’une majorité parlementaire. Le Président de la République n’a pas signé un accord avec une majorité parlementaire, encore que la Constitution ne le lui permet pas, pour qu’il soit obligé de dialoguer avec elle. Une tentative d’accréditation de l’existence d’une majorité fictive FCC sans les députés du CACH et en dehors du contrôle du Président de la République. S’il y a majorité FCC-CACH, le Président de la République en est le Chef ; il peut donc travailler à la reconstituer autrement pour le bien de la nation.

7. Qui est le partenaire de FCC ? Une confusion est entretenue entre CACH et le Chef de l’Etat, dans laquelle FCC se croit en droit de dicter ce que le Président de la République peut faire ou ne pas faire dans le cadre de l’exercice de son pouvoir, jusqu’à le consulter préalablement, lui, le FCC, un groupe privé, avant d’initier les consultations. Une désacralisation programmée du pouvoir présidentiel.

8. Tout en vantant une certaine violation de la Constitution, le FCC fait prévaloir un accord politique privé, au détriment de la Loi fondamentale et de l’intérêt du peuple. Une nouvelle ère a vu le jour en RDC, celle d’une population qui a commencé à lire la Constitution et à se préoccuper de son respect par les gouvernants. Le FCC veut avoir sa part, à sa manière, dans cette nouvelle culture du respect des textes. Longtemps désigné comme le champion de la violation de la Constitution et des lois de la République, le régime AFDL-PPRD-AMP-FCC a trouvé une technique de détournement de l’attention sur lui : crier constamment au voleur ! Le monde doit se rendre compte que les anciens opposants, qui criaient à qui veut l’entendre, à la dictature et à la violation de la Constitution, sont semblables aux « violeurs ». On doit voir qu’ils volent aussi. Ils devront donc subir le même châtiment.

9. Ne pouvant cautionner une démarche de recomposition de la majorité parlementaire, le FCC s’organise une dictature du parti à l’égard des élus du peuple, qui exercent pourtant un mandat national et non impératif. La Constitution, en ses articles 101 et 104, consacre la liberté des élus et rend nul tout mandat obligatoire ou lié au dictat d’un parti ou regroupement politique.

10. Le FCC donne l’impression d’avoir les preuves de corruption et débauchage de ses élus. Mais, il ne sait être républicain et saisir la justice, préférant se muer dans des imputations dommageables, frisant l’outrage au Chef de l’Etat, dans la mesure où, dans ce communiqué, le Chef de l’Etat est confondu avec CACH.

11. La peur de ne plus contrôler le parlement fait naître chez FCC une définition imaginaire de la majorité parlementaire et de sa durée de vie, se référant à la Constitution et au Règlement intérieur de l’Assemblée nationale sans en indiquer les dispositions y relatives. L’article 78  de la Constitution, le seul qui en parle, se limite à indiquer que le Premier ministre est nommé en son sein et une mission d’information est confiée par le Président de la République à une personnalité en vue d’identifier une coalition lorsque cette majorité n’existe pas.

12. En rejoignant Fayulu dans sa revendication d’élections anticipées, le FCC a marqué la rupture avec son partenaire CACH et mis fin à leur coalition. La volonté du FCC, clairement exprimée, deux ans après, d’écourter le mandat des députés, des sénateurs, des gouverneurs et du Président de la République en violation de la constitution et contre la volonté du peuple qui a donné un mandat de 5 ans, laisse présumer une convergence d’esprit dans le souci d’écarter le Président Félix Tshisekedi du pouvoir ou de se servir seulement de lui comme marchepieds. Rien d’étonnant si Martin Fayulu est présenté candidat Président de la République du FCC dans ces élections anticipées.

13. En réclamant une nouvelle élection générale, le FCC accepte la dissolution de l’assemblée nationale, seule manière constitutionnelle de donner congé aux députés nationaux, même s’il manifeste aussi la crainte de cette dissolution en réfutant l’existence d’une crise persistante entre l’Assemblée nationale et le Gouvernement.

14. La crise persistante entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale existe :

a) L’assemblée nationale n’accomplit pas ses missions constitutionnelles, se montrant complaisant à l’égard du Gouvernement défaillant, rebelle et incapable. C’est une forme de crise couverte et diffuse, qui serait visible si l’assemblée avait fait son travail de contrôler et sanctionner.

b) La majorité parlementaire FCC, si elle existe, conteste les ordonnances présidentielles de nomination des juges constitutionnels et des officiers supérieures de l’Armée, alors que le contreseing du Premier ministre, par le Vice-premier ministre de l’Intérieur, rend le Gouvernement, responsable politiquement devant le Parlement. Cette contestation persistante est une crise persistante par le refus de l’assemblée nationale d’interpeller et sanctionner le gouvernement pour ces ordonnances que la majorité FCC décrie.

15. Le FCC s’arroge un veto sur la dissolution de l’Assemblée Nationale en pensant contrôler ou confisquer le contreseing du Premier ministre. Un chantage de désespoir et une anticipation erronée sur les conditions de validité de la dissolution de l’assemblée nationale. Une compréhension biaisée du contreseing, dont l’ordonnance de dissolution n’a pas besoin, ni pour sa validité ni pour la responsabilité politique qui ne peut s’exercer devant une assemblée dissoute ou à dissoudre.

16. Le plaidoyer du FCC sur la bonne entente entre le Gouvernement et les chambres parlementaires méconnait le rôle du Président de la République d’arbitre du bon fonctionnement des institutions publiques et tente d’ influencer l’appréciation de ce dernier sur la dissolution en lui présentant de faux critères d’évaluation de la crise.

17. Le FCC cherche un bouc émissaire dans ce qui arrive à sa coalition avec CACH, oubliant la mauvaise foi manifeste dont il a fait montre. Qui, d’après le FCC, veut diviser les congolais à travers la coalition contre nature FCC-CACH ? Les personnes qui pensent sauver la nation en dissolvant une coalition qui ne sert en rien le peuple, mais qui travaille contre lui en consolidant les intérêts du régime AFDL-PPRD-AMP-FCC ? Personne de l’extérieur ne vient diviser les congolais, si quelques uns d’entre eux n’entretiennent pas une faiblesse intérieure dont ceux de l’extérieur peuvent profiter pour leurs intérêts économiques ou hégémoniques.

18. La responsabilité juridique des signataires du communiqué final est engagée dans l’organisation d’une rébellion aux actes de la Cour constitutionnelle auxquels les trois juges contestés participeront et dans une imputation dommageable de corruption.

19. Le communiqué n’a pas le reflet d’un groupe d’individus soucieux de l’intérêt du pays. Leur unique souci a été de sauver un accord, dont ils sont incapables de divulguer les termes. Une forte publicité sur un accord au contenu secret.

20. Puisque le peuple congolais est associé à un débat sur un accord privé, auquel il n’a pas participé, mais qui affecte considérablement sa vie, il est en devoir de :

a) Exiger la divulgation de cet accord, y compris par la voie judiciaire ;

b) Tirer les conséquences qui s’imposent de l’évaluation de la coalition FCC – CACH, faite à partir des éléments apparents du fonctionnement de l’institution Président de la République, du Parlement et du Gouvernement ;

c) Organiser un contrôle citoyen du respect de la Constitution par la dénonciation systématique de sa violation et par des actions en anticonstitutionnalité devant  la Cour constitutionnelle des lois et règlements pris par le régime passé pour conforter la position sociale de ses barons ;

d) Saisir les cours et tribunaux en dénonciation des actes criminels qu’on chercherait à couvrir par des accords politiques ;

e) Se prendre en charge pour empêcher, par tous les moyens légitimes, la prise et l’exercice du pouvoir politique par des  individus soupçonnés à travers des indices sérieux et des preuves irréfutables d’être auteurs, coauteurs ou complices de crimes de sang, de crimes économiques, de détournements de deniers ou biens de l’Etat et de violations graves des droits humains.

f) Libérer les institutions de la République d’une prise d’otage honteuse par des individus qui n’ont aucun mérite de diriger les congolais, puisqu’ils n’ont jamais eu vraiment le souci du bonheur du peuple.

g) Exiger, en lieu et place de l’évaluation d’une coalition maléfique, l’institution d’une commission Réconciliation nationale et Vérité en vue de régler les conflits multiples qui sévissent sur l’ensemble du territoire national, de permettre la mobilisation de tous les congolais dans le travail de reconstruction du pays en les sortant des schémas de division, de réparer les injustices et de récupérer ce qui a été volé à la République tout en resocialisant les délinquants économiques et politiques.

h) Se mobiliser pour des élections transparentes, sécurisées et réellement démocratiques en 2023, afin de doter le pays d’institutions stables, libres et mieux outillées pour construire un nouvel Etat congolais.

Kinshasa, le 14 novembre 2020

BAMUANGAYI KALUKUIMBI Ghislain

bamuangayi@gmail.com

+243810892083 ; 0999942752

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