PARTENARIAT RDC–USA : MUKOKO SAMBA DISSIPE LES ZONES D’OMBRE ET MOBILISE LE SECTEUR PRIVÉ

Kinshasa, le 3 juin 2026 – Le partenariat stratégique conclu entre la République démocratique du Congo et les États-Unis ne se résume pas à un simple accord minier. C’est le message qu’a voulu faire passer le Vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, lors de son intervention devant les membres du réseau Makutano, réunis à Kinshasa pour échanger sur les opportunités qu’offre ce nouvel accord signé le 4 décembre 2025 à Washington.

Face aux interrogations exprimées par une partie du secteur privé, le ministre a tenu à clarifier la nature du texte. Selon lui, l’accord ne comporte « ni clause secrète ni annexe cachée » et s’inscrit dans une vision de long terme destinée à renforcer la coopération économique entre les deux pays.

« Ce n’est pas un accord de troc. Ce n’est pas un simple deal minier. C’est un véritable partenariat stratégique », a-t-il insisté, rejetant les interprétations réductrices qui limiteraient le texte à l’accès des États-Unis aux minerais critiques congolais.

Pour le gouvernement, l’enjeu principal consiste à utiliser cette coopération comme levier de transformation économique. Au-delà de l’exploitation minière, l’accord prévoit des mécanismes destinés à soutenir les infrastructures, l’énergie, la formation, la gouvernance et la transformation locale des ressources naturelles.

Daniel Mukoko Samba a notamment révélé que la RDC a déjà soumis aux partenaires américains une liste de 52 projets stratégiques considérés comme prioritaires pour le développement du pays. Ces projets concernent aussi bien les infrastructures de transport que l’industrie, l’énergie ou encore le développement du capital humain.

Parmi les projets identifiés figurent notamment le complexe hydroélectrique Grand Inga, le projet MIFOR dans la Grande Orientale, les grandes écoles polytechniques ainsi que plusieurs corridors logistiques destinés à améliorer la connectivité économique du pays.

Le corridor de Lobito apparaît d’ailleurs comme l’un des premiers projets susceptibles de produire des effets concrets. Pour le Vice-Premier ministre, cette infrastructure ne doit pas être perçue comme un simple axe d’exportation des minerais vers les marchés internationaux, mais comme une véritable plateforme de développement économique.

La modernisation des infrastructures ferroviaires et logistiques associées au corridor devrait, selon lui, créer des opportunités importantes pour les entreprises congolaises dans les secteurs de la construction, du transport, des services et de l’industrie.

Le ministre a également rappelé que les projets miniers concernés par l’accord restent soumis aux lois de la République et au Code minier congolais. Les investisseurs américains bénéficient certes d’un droit de première offre sur certains actifs stratégiques identifiés par l’État, mais aucune attribution automatique n’est prévue. Chaque projet devra faire l’objet de négociations spécifiques dans le respect de la législation nationale.

Enfin, Daniel Mukoko Samba a lancé un appel à l’appropriation de cet accord par les acteurs économiques congolais. Pour lui, les bénéfices du partenariat dépendront avant tout de la capacité du pays à définir ses propres priorités et à construire une vision commune entre le secteur public et le secteur privé.

« Ce ne sont pas les Américains qui feront notre part », a-t-il déclaré, estimant que la réussite du partenariat repose d’abord sur la mobilisation des Congolais eux-mêmes.

A travers cet accord, le gouvernement espère accélérer l’industrialisation du pays, renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales et transformer ses ressources stratégiques en moteur de croissance durable.

Rédaction