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OÙ SONT-ILS NOS GRANDS PARENTS ?

Pourquoi nos grands parents nous racontaient-ils les contes et légendes de nos forêts et savanes ?

Etaient-ils séniles ? Débiles ? Puériles ? Certainement pas.

Quoi alors ? Ils étaient juste assagis de longues épreuves accumulées au cours de leur existence accomplie.

Parfois, ils racontaient leurs propres exploits inédits et prouesses réalisées au contact des bêtes féroces dans les forêts et les savanes avoisinantes.

Un seul souci les habitait tous, et toutes, grands pères et grands-mères. Celui d’éveiller l’esprit, de forger le caractère des enfants, adolescents, jeunes, adultes en devenir.

Ils les préparaient donc à affronter l’adversité, l’infortune, les vraies réalités de la vie, l’incurie des proches, l’infidélité des conjoints, souvent, mais aussi quelque fois la désillusion sur les qualités cardinales qui fait défaut dans l’entourage immédiat.

Tout y était conté : la traitrise, la félonie, la fourberie, la jalousie, la haine, la fidélité, la loyauté, l’audace, la bravoure, etc. et j’en passe.

Ils exaltaient les qualités de personnages remarquables imaginés ou réels et dénonçaient les travers des individus exécrables…et une leçon de morale était vite tirée de la compréhension du récit.

C’est cette leçon- là du soir au clair de la lune que l’auditoire émerveillé, ou médusé ou désabusé, retenait en attendant le prochain récit au crépuscule.

Comme ils sont au village, à la lisière de forêts, les conteurs peignaient les traits de caractère de tous les animaux de la forêt et de la savane.

Chaque personnage a des traits particuliers, et ses défauts singuliers.

Le lion est fort, dominateur et dominant, cruel et féroce.
Il s’attaque aux ruminants, gazelles, antilopes, okapis, etc.
il ne dévore point les félins comme lui (léopard, guépard, tigre,…) Il lutte de toutes ses forces pour vivre et survivre.
Ses dents perdues, de faim il meurt.

Dans sa splendeur et sa magnificence, le Roi lion s’est toujours réservé la grosse part du butin. Normal. Fruit de sa chasse.

Lorsqu’il savoure à la pénombre sa proie, les vautours avertis par instinct de survie, amorcent leur approche vers le site festif.
Ils planent tout autour, en attendant que le Roi Simba entame sa sieste.

Les charognards non plus ne sont pas du reste. Ils sont juste à côté. Leur rôle est de débarrasser la table, la carcasse je veux dire.

Dès que Simba assouvit sa faim, ils se précipitent avec gloutonnerie pour se régaler à leur tour. Affaibli par la maladie ou ployant sous le poids de l’âge, Simba perd ses dents, mais garde l’appétit. Mais il ne peut plus chasser ses proies pour se nourrir, et finit par mourir. La force le quitte, le désarroi l’envahit.

Les coléoptères qui de son règne ne purent l’approcher, prennent leur revanche en lui obstruant cavités nasales et visuelles. Le roi Simba meurt ainsi. Fin tragique pour tout dire.

Chez les primates, c’est différent. Ils ne sont guère féroces. Ils sont plutôt agiles. Ils sont grands, souples et sympathiques. Ils se défendent plutôt qu’ils n’agressent les visiteurs inattendus et indésirables.
Ils vivent dans les feuillages abondants, touffus dont ils se nourrissent à cœur joie.

On leur reconnait une adresse redoutable face aux chasseurs maladroits qui à l’aide des lances, veulent leur peau.

Les anciens racontent que les chimpanzés peuvent arracher aux chasseurs impénitents leurs lances et leur asséner avec adresse un coup fatal.

Ils vivent des feuilles, des fruits et légumes.

Tranquilles dans leur habitat, les grands singes ne font de mal à personne et se coulent de jours heureux sans trop d’histoire.

D’autres animaux et oiseaux, leurs vies durant, sont sur leurs gardes.

Eparpillés, hurlent toute la journée. Ceux qui le peuvent, au moindre bruit d’une feuille qui s’étiole, d’une branche qui tombe de sommet d’un arbre, d’un bond, ils rentrent dans leur galerie, ou vacillent, se balancent d’une branche d’arbre, à une autre.

Le caméléon, lui, prend la couleur du milieu. Il est lent à agir, mais sûr dans ses gestes et actes.

Il tourne son regard dans tous les sens, progresse enfin quand tout est sûr autour de lui.

Ainsi est observé le monde des animaux.

Ainsi celui des hommes l’est tout autant.

Certains sont avars comme Harpagon, cruels comme Néron, antipathiques comme Caligula, caractériels… mais intelligents.

D’autres sympathiques comme César, humains comme Malula, généreux comme Mobutu, mais incisives.

D’autres encore, courageux et audacieux comme Hannibal mais jamais aussi stratèges et ingénieux comme Napoléon Bonaparte qui disait « A la guerre, l’audace est le plus beau calcul du génie ».

LE CONGO EST DÉVORÉ PAR LES FAUVES ET LES CHAROGNARDS

J’ai depuis quelque temps réfléchi sur le sort de mon pays. Et j’ai relevé un tableau saisissant de caractères et tous les personnages et acteurs qui ont écrit l’histoire récente de notre pays.

J’ai constaté, heureusement, que nous tous, avons de bonnes qualités voire des vertus mais malheureusement sous l’emprise de quelques travers graves.

En effet, j’ai milité à côté de Nguz Karl’I Bond, décédé depuis.

J’ai appris beaucoup de lui.

Il avait beaucoup de qualités morales et intellectuelles, mais son état de diplomate n’était pas nécessairement un atout dans le contexte des années 1990 lors de l’ouverture démocratique au Zaïre.

Il y eut du mal malgré lui, à radicaliser les revendications sociales et politiques à la suite certainement des pressions diplomatiques occidentales qu’il subissait.

Dans un sondage réalisé en Europe, il me montra les résultats obtenus par les enquêteurs.

Il était présidentiable à plus de 70 % des sondés et obtenait une meilleure appréciation à toutes les questions auxquelles les sondés ont eu à répondre.

Son rival, Tshisekedi le battait sur l’onglet « Constance » mais Nguz remportait l’élection présidentielle dans tous les cas de figure.

Les élections ne furent jamais organisées, Mobutu savait que Nguz le battait. L’alliance UFERI-PDSC-UDPS terrassait Mobutu.

Tout l’Est, et le Bas-Congo était dans l’escarcelle de Nguz. Tshisekedi, lui, trônait aux Kasaï.

J’ai travaillé pour le ralliement avec l’UDPS pour ne pas laisser une chance à Mobutu de s’en sortir. L’UDPS n’a rien compris, et ne voulait rien savoir. Tshisekedi réclamait toujours la primature, Kibassa était à Ndjili Ste Thérèse annoncer sa candidature à l’élection présidentielle probable.

Faute d’élégance en politique me répétait Nguz souvent, l’Union sacrée de l’opposition radicale fit long feu.

Mobutu profita de la brèche entre l’UFERI et l’UDPS, mit un plan macabre au point pour opposer Kasaïens (Luba) et Katangais plus Kivutiens (Swahili) craignant que l’Est swahiliphone, le Bas-Congo acquis à Nguz par sa femme (Wivine N’Landu fille de Nzeza N’Landu), faisant jonction avec les 2 Kasaï, il était anéanti.

Mobutu, militaire de formation, a du certainement lu l’histoire d’Hasdrubal Barka militaire carthaginois et frère d’Hannibal général carthaginois.

Hasdrubal Barka né en 245 et décédé au Métaure en 207 av. JC. Il participe à la deuxième guerre punique. Il va subir de revers.

Aidé par Massinissa Roi de Numides, il battra les deux Scipions Publius et Gnaeus. Scipion vainquis Hasdrubal en 208 à Baicula.

La jonction de deux frères carthaginois échoua. La bataille du Métaure a consacré la victoire romaine face aux carthaginois.

Selon Tite-Live, auteur bien connu, les romains massacrèrent environ 56.000 carthaginois et coupèrent la tête Hasdrubal et la jetèrent devant le camp d’Hannibal.

De la même manière Scipion l’africain a vaincu Hasdrubal et Hannibal, en empêchant toute jonction des armées de ces deux militaires carthaginois, Mobutu de toutes ses forces a évité toute alliance solide entre les deux leaders Nguz (UFERI-Baswahili) et Tshisekedi (UDPS-Baluba) et à travers eux, les populations respectives de Kasaï et de l’Est.

Ainsi, l’opposition perdit la guerre contre Mobutu.

Il a fallu attendre Mzee Laurent Désiré Kabila en 1997 pour venir à bout du régime Mobutu.

Déterminée, à en finir avec Mobutu, l’opposition radicale, ne voulait rien entendre des autres.

Les Mobutistes, pensait-elle, n’ont rien à dire. L’opposition elle-même, fut fissurée.
Une aile de l’Union Sacrée de l’Opposition libérale naquit, vit le jour, prit le Gouvernement fin November 1991, après pillage et saccage de la capitale pat la population affamée encadrée d’une horde de la garde prétorienne de Maréchal Mobutu.

Le Gouvernement Nguz succéda à celui de Kihuta Mungul Diaka restant aux affaires, une lune.

Tshisekedi qui venait de former son gouvernement, refusa d’intégrer en son sein les candidats ministres proposés par ses partenaires UFERI-PDSC, lui disait-il, il est le premier ministre du peuple !

A la résidence Ileo en face de la clinique Ngaliema de Kinshasa, les opposants lavèrent leur linge famille et l’incident fut aussitôt clos en privilégiant l’intérêt national.

SOYEZ INTELLIGENTS PLUTÔT QU’ÉMOTIFS

Nous perdîmes le pouvoir face à Mobutu parce que la passion dominait tous les opposants, et ça faisait bien de marmonner des injures contre Mobutu. Celui qui avait l’injure facile, le verbe haut, était « radical ». Personne n’écoutait Banza Mukalay, vice-président du MPR/FP et adjoint de Mobutu.

La conférence souveraine commençait à peine au palais du peuple, lorsque Mokolo wa Pombo vint rencontrer les opposants au Centre Catholique Nganda. Il a failli être lynché !!! Il fut interrogé comme un malpropre debout, devant l’assemblée médusée.

« Que veux-tu » ? « Qui t’a envoyé ? » « Au nom de qui parles-tu? »

Nsinga Udju Ungwankebi Untube peut encore se souvenir. La salle fut surchauffée. Pourquoi ? Je ne sais pas.

Quelques jour auparavant, Nguz Karl I Bond (Ministre des Affaires étrangères), Mokolo wa Pombo (Ministre de Transport) étaient membres de l’équipe Kengo, dernier gouvernement avant l’ouverture démocratique annoncée le 24 avril 1990.

Nsinga Joseph (Membre du comité central), et les autres présents au Centre Nganda, étaient du même sérail profitant éventuellement des largesses du Maréchal Mobutu, tel qu’il fut généreux.

Le Congo est bien vendu mais pas encore livré

23 ans après l’ouverture démocratique, aux efforts de laquelle j’ai participé comme opposant et Consultant au Bureau National de Consultations Populaires, ayant traité 6.000 memoranda collectés à travers tout le pays, je m’aperçois avec amertume que les mêmes erreurs commises dans un passé récent, se reproduisent.

Les mêmes tares persistent.

La promotion et la défense des intérêts personnels, sordides, égoïstes, du reste légitimes mais inopportuns, prennent le pays tout entier en otage.

La République est menacée de s’effondrer et de disparaître et entrainera dans sa chute la Nation toute entière.

« A suivre… »

Wazir Kudura Kasongo ML
Journaliste Editorialiste
Politologue Essayiste
Critique littéraire

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